Solidarité : les associations, dont l’Uniopss, expriment leur malaise

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde daté du 5 mai, plusieurs présidents d’associations dont l’Uniopss, expriment leur malaise devant la posture du gouvernement à l’égard des acteurs de la solidarité.

Le secteur associatif ressent un malaise profond. C’est par cette phrase, lourde de sens, que débute la tribune publiée le 5 mai dernier dans Le Monde et co-signée par plusieurs présidents d’associations, dont l’Uniopss. Le monde associatif a en effet le sentiment de ne plus être reconnu comme un interlocuteur naturel et productif du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques. « Les phases de concertation sont réduites à leur plus simple expression lorsqu’elles ne sont pas simplement supprimées ou remplacées par des consultations sans véritable impact. »

S’appuyant sur de nombreux exemples dans le secteur de l’exclusion ou du handicap, les contributeurs jugent cette tendance dangereuse. « Les associations n’ont pas le monopole de la vérité mais elles ont leur part de vérité. Changer la société ne se décrète pas d’en haut, les modifications ne peuvent s’effectuer ni sans le public concerné ni sans les corps intermédiaires en l’occurrence dans ce secteur : les associations », écrivent-ils, avant d’inviter à une réflexion plus large sur la solidarité. « Il y va, en fait, de l’idée que l’on se fait de la solidarité. Soit on la considère comme l’addition de mesures destinées à éviter les situations les plus dramatiques  et dans ce cas, les associations sont des exécutants ; soit on la considère comme impliquant toute la société, bénéficiant à toute la société, comme le fruit d’une mobilisation citoyenne ; alors on a besoin d’associations vivantes, présentes dans le débat public et porteuses, à côté d’autres acteurs, de cette valeur républicaine de fraternité. »