L'Uniopss s'oppose au tri des personnes sans-abri

L’Uniopss est devenue, le 8 décembre, le porte-parole de plusieurs associations de solidarité qui contestent la stratégie gouvernementale de tri des personnes sans-abri dans les centres d’hébergement. Une démarche qui les a conduits le 18 décembre dernier, à saisir le Défenseur des droits. Ce dernier n’a pas manqué de réagir sur le sujet.

Une quinzaine d'associations nationales d’hébergement et de lutte contre l’exclusion, dont l'Uniopss, ont quitté le 8 décembre dernier, la réunion organisée par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, autour du projet gouvernemental d’examen de la situation administrative des étrangers présents dans les centres d’hébergement accueillant les sans-abri.

Le projet de circulaire prévoit notamment la mise en place d'équipes mobiles « chargées d'examiner la situation administrative des personnes hébergées » dans les centre d'accueil d'urgence, alors même que l'accueil inconditionnel dans ce type de structure est inscrit dans la loi. Dans un communiqué commun publié le même jour, les associations réaffirment les principes et priorités de leur action vis-à-vis des étrangers et réitèrent leur demande d’être reçues et entendues par le chef de l’État.

L'Uniopss, par la voix de son président, Patrick Doutreligne, s'est fait, le 8 décembre, le porte-parole des associations, pour rappeler aux pouvoirs publics que certaines valeurs ne peuvent être oubliées : « nous refusons le recensement, l’étiquetage et le triage des personnes qui entrent dans l’hébergement d’urgence » a-t-il indiqué.

Le président de l'Uniopss est par ailleurs intervenu dans plusieurs média, parmi lesquels : RTL - BFM TV - France 2.

Enfin, l'Uniopss et 24 autres associations qui accueillent, hébergent, orientent des personnes sans abri, ont saisi le 18 décembre le Défenseur des droits. Lors d'une intervention sur France-Inter, celui-ci a rappelé certains principes fondamentaux : « toute personne sans-abri en situation de détresse médicale, psychique et sociale, a accès à tout moment à l'hébergement d'urgence. C'est ce qu'on appelle l'accueil inconditionnel, et les droits fondamentaux sont souvent des droits inconditionnels ».