Aides sociales : ne laisser personne de côté !

Face à la remise en cause récente des aides sociales par le ministre de l’Economie et des Finances et le ministre de l’Action et des Comptes publics, les associations de solidarité réunies au sein du Collectif ALERTE, animé par l’Uniopss, plaident pour une réforme des minima sociaux, à la condition que celle-ci ne conduisent pas à la diminution des aides sociales.

Dans un communiqué de presse publié le 7 juin dernier, le Collectif ALERTE a souhaité réagir aux propos de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances et de Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. Ces derniers avaient en effet remis en cause les aides sociales, jugées trop nombreuses et moins utiles en période de reprise économique.

Selon le Collectif, s’il constitue un rempart essentiel contre la grande pauvreté, notre système de minima sociaux souffre aujourd’hui de nombreux dysfonctionnements, rendant nécessaire une réforme. Aides trop compliquées à demander et à obtenir, et d’un montant souvent trop faible, système laissant des catégories entières de personnes, principalement les jeunes de moins de 25 ans, sans ressources. Le vrai problème ne tient donc pas au fait qu’il y aurait trop d’aides sociales aujourd’hui, mais trop de personnes pauvres, laissées sans solution suffisante pour vivre décemment et s’insérer dans notre société.
C’est pourquoi les associations membres d’ALERTE ont appelé à une fusion de certains minima sociaux, aboutissant à une couverture unifiée, ouverte dès 18 ans. Ce constat a été partagé par les associations de lutte contre l’exclusion et proposé dans la cadre de la Stratégie de lutte contre la pauvreté. Dans l’attente d’une telle réforme, une revalorisation du RSA est indispensable et attendue.

« Par ailleurs, toute réforme, qui, sous prétexte de simplification, aboutirait à une baisse de ressources des millions d’allocataires de minima sociaux, toujours privés d’emploi malgré le redémarrage de la croissance, rencontrera une vive opposition de la part des associations. Si le redressement économique doit entrainer, à terme, une diminution du nombre de personnes touchant une aide sociale, il serait inacceptable de baisser par anticipation ces aides, lesquelles permettent de protéger et d’accompagner ces personnes pour saisir les opportunités d’insertion », a rappelé le Collectif.